A Bordeaux Saint-Seurin…

Un petit bar mais pas que… Et pour cause…

Vous la connaissez ? C’est une bonne chose. Vous ne la connaissez pas ? C’est bien dommage, tant il est vrai que vous l’apprécieriez. Dans la vaste corporation de ceux qui font profession de servir les autres, Marianne excelle. Et que sert-elle ? Que vous sert-elle ? Car, par définition, c’est toujours à vous qu’elle le sert : rien d’autre que votre café, votre pression, votre verre de vin blanc ou encore,  l’assiette que vous pouvez lui commander quand, aux alentours de midi, votre estomac vous rappelle à son bon souvenir.

Entre elle et vous, un comptoir – celui d’un petit bar appelé P’tit Bar, place du Pradeau, quartier Saint-Seurin ‒ un vrai zinc dont elle a su faire, non pas une ligne frontière, mais un point de rencontre et de partage où ils sont nombreux à avoir leurs habitudes. C’est si bon d’en prendre de bonnes quand il en est tant de mauvaises qui nous guettent.

Le zinc ! Demandez donc à votre médecin. Il vous dira qu’il est essentiel à notre bonne santé. En manquer peut générer des pertes d’appétit, une diminution des facultés gustatives et olfactives, un ralentissement dans la cicatrisation des plaies et des blessures. Marianne le sait.

Elle sait aussi qu’il est un excellent conducteur. Conducteur de chaleur ‒ humaine, il va sans dire.  Conducteur aussi de ce courant qu’elle est capable de faire passer avec un naturel déconcertant. Indéfectible bonne humeur, petits gestes, sourires, prévenance… l’énergie qui est la sienne circule en continu. C’est qu’il lui en faut, de l’énergie. On la veut au perco, en salle, en terrasse. Mais qu’on la veuille en terrasse, en salle ou au perco, elle y est, et vous sert. C’est parce qu’elle réussit si souvent à être trois en étant seule que tous la savent unique.

Quant à ceux qui l’ignorent encore, c’est tout simplement parce qu’ils ne sont jamais venus là, au P’tit Bar. Mais qu’ils y viennent. Qu’ils entrent ici, une première fois, pour étancher une soif un jour de grosse chaleur, satisfaire une envie de caféine un matin de grisaille : ils passeront commande. Marianne les servira. Un mot, un regard, une petite attention. Douce chaleur de la tasse ou bien fraîcheur du verre mais, sans qu’ils s’en doutent encore, c’est en même temps qu’un plaisir obtenu, autre chose avec quoi ils repartiront : l’envie de revenir…

Attention cependant : ne vous avisez pas de la solliciter en omettant le s’il vous plait qui va bien et le merci qui doit suivre. Cuistres s’abstenir. Dans un monde où beaucoup ont une nette propension à se laisser convaincre qu’ils sont rois à force de se l’entendre dire, Marianne sait rappeler les sacro-saints principes du savoir-vivre en sa république ‒ prénom et tempérament obligent.

Et tout le monde de ne s’en porter que mieux. Ce n’est pas Jean-Baptiste qui vous dira le contraire. Patron de l’établissement, il est le premier à reconnaître qu’en la personne de Marianne, il est tombé sur une personnalité rare. Il a raison. Probablement est-ce pour cela que ce P’tit Bar est plus qu’un simple petit bar. Outre la qualité de ce que l’on peut y consommer (l’assiette de charcuterie, entre autres, y est savoureuse, tout autant que les huîtres de Charles Rozan[1]), on a, en s’y arrêtant, le sentiment très agréable de se trouver dans un écrin – écrin de vie en l’occurrence, avec à l’intérieur, sa perle…

 


[1] Uniquement le week-end de septembre à juin

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